Sur ce versant tourné vers la lumière, tissé de lignes naturelles, de pierres anciennes et d’oliviers enracinés depuis des décennies, nous avons choisi de révéler plutôt que de dessiner. Le projet s’inscrit dans une volonté de respect : respect du sol, de l’horizon, du climat méditerranéen. Rien n’est imposé, tout naît du site, comme un prolongement discret et durable de son identité.
L’aménagement repose sur la structure naturelle du terrain, révélée par des restanques en pierre sèche. Elles dessinent les niveaux, accompagnent la pente et guident le regard jusqu’à une piscine en belvédère, non pas posée, mais inscrite dans la topographie du lieu.
L’arrivée piétonne se met en scène avec solennité : un alignement d’oliviers (Olea europaea) ponctue le passage, un muret inscrit le geste, et la lumière fait vibrer les ombres. L’abri voiture s’efface dans un talus habillé de corten, en dialogue minéral avec le sol. Chaque élément d’usage s’intègre avec humilité à la composition, sans clôture ni cloison entre les espaces de vie et la maison.
Un escalier en traverses de bois et gravier relie les paliers, glisse entre les massifs méditerranéens et descend doucement vers l’eau. La palette végétale fait écho aux paysages de Provence : essences du Sud, textures de garrigue, floraisons sobres et vibrantes à la fois. Des persistants structurent l’ensemble, des feuillages argentés captent la lumière, des floraisons échelonnées dans le temps ponctuent la composition de touches de jaune, comme des éclats de soleil.
Les cyprès d’Italie (Cupressus sempervirens ‘Totem’) créent des axes verticaux, structurent l’espace et installent une élégance sobre et intemporelle. Ils dialoguent avec les murs, les vues et les silences du lieu. Autour d’eux, une palette riche compose le jardin : pistachier lentisque (Pistacia lentiscus), myrte (Myrtus communis), lavande ‘Phenomenal’, santoline verte, sauge de Russie (Perovskia atriplicifolia), gaura de Lindheimer, agapanthe ‘Purple Heart’, iris des jardins ‘High Stakes’, et quelques touches graphiques comme l’imperata ‘Red Baron’ ou les cheveux d’ange (Stipa tenuifolia).
Les matériaux choisis prolongent cette écriture méditerranéenne et contemporaine : parements en pierre naturelle calcaire, jardinières et bordures en acier corten à la patine évolutive, allée en stabilisé perméable pour les cheminements, terrasse en résine minérale imitation bois, vases d’Anduze émaillés ponctuant les paliers. Une douche extérieure en teck complète les abords de la piscine.
Ce jardin ne cherche pas à impressionner. Il apaise. Les volumes s’installent sans heurt, les perspectives s’ouvrent, les circulations se déploient sans rigidité. Un jardin qui ne se visite pas, mais qui s’habite, en équilibre entre matière et végétal, entre usages et liberté.
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